LE FIGARO-Bashung vs Mobile in Motion
Quatre ans après «Fantaisie militaire», il sort aujourd'hui «L'Imprudence», qui s'annonce comme le meilleur disque français de l'année
Alain Bashung : «Il faut cultiver ses défaut»
Il n'y a pas eu depuis longtemps, en France, un disque du niveau de L'Imprudence. Avec le onzième album en studio d'Alain Bashung, on ne peut
échapper aux superlatifs, aux comparaisons les plus hautes.Soyons bref, donc: on est ici au niveau de Léo Ferré pour l'envol, la détermination du propos, le vertige,et dans les parages de Björk pour la liberté, l'audace, la pertinence de la forme musicale.
Douze chansons aux climats mouvants, troublants, attirants précisément par leur intranquillité, leurs ambiguïtés. Le casting de L'Imprudence est déjà impressionnant: Marc Ribot et Arto Lindsay aux guitares, Steve Nieve au piano, les producteurs et sorciers Simon Edwards (de Talk Talk), Martyn Barker et Jean Lamoot, le duo électronique MOBILE IN MOTION...
Avec eux, Bashung a construit d'incroyables décors sonores,entre paradoxes de guitare, pianos déformés, percussions improbables, violons de films d'horreur ou de rêve apaisé,harmonica inquiétant (ça, c'est lui qui en joue), clarinette désolée, batterie soudain joyeuse, petits bruits mutins...
AQM.